
LE PASSÉ DE SAINT GERMAIN LE FOUILLOUX
CONNAITRE LE PASSÉ POUR MIEUX APPREHENDER L'AVENIR
A PARTIR DE L'AN 58 AVANT J.C
Les Celtes ou Gaulois se composaient, jusqu'en l'an 58 avant J.C, d'une centaine de peuplades. Dans notre province du Maine, l'une d'elles, les Cénomans, occupait la région du Haut-Maine, la Sarthe, l'autre les Diablintes, une partie du Bas-Maine, la Mayenne
La limite géographique, entre ces deux peuplades, devait se situer sur une ligne correspondant au ruisseau d'Ingrande –étymologiquement limite d'eau en Gaulois – entre Andouillé et St Germain le Fouilloux. Les peulvans, ou pierres debout, les dolmens, ou pierres couvertes, les tumulis, ou tombelles, mottes …, attestent de l'existence des Celtes dans notre contrée.
La proximité de cette frontière, l'Ingrande, permet de penser que St Germain possédait, sur son territoire, quelques tribus Diablintes –habitant dans des cabanes, "Aedificia", éparses, et comme le dit César :"situées dans les bois, feuillades et fouilloux, et dans le voisinage des ruisseaux et rivières …"- notamment à le Fouilloux, les Hattonailles et le Vent.
A cette époque, il devait exister déjà un oppidum ou forteresse, au lieu-dit "Le Fouilloux", servant à mettre les personnes et les provisions en sûreté , lorsque ces tribus craignaient d'être attaquées.
Notre région était primitivement une grande forêt, d'où l'origine de Fouilloux, et son peuplement ne s'est réalisé que très lentement. Le Bas-Maine commença à prospérer sous l'occupation romaine, au 1er et IIème siècle de notre ère, mais il n'apparaît pas que St Germain ait été véritablement touché par cette civilisation, celle-ci ne s'étant en fait développée qu'à proximité des grandes voies de communication.
Dès la fin du IIIème siècle, durant les invasions germaniques, qui interrompirent brutalement cette occupation romaine, le christianisme pénétra et continua, après elles, à se propager en Gaule.
Jusqu'au VIème siècle, il est fait état de la présence de nombreux ermites dans le Maine (religieux recherchant la solitude) et, aux Hattonailles, alors recouvert de forêts, devait se situer un ermitage … le lieu-dit "Quifeu" semblerait aussi un lieu privilégié, en bordure de l'Ernée…
Du VIème et ( au ) IXème siècle, le Bas-Maine fut l'objet d'incursions et d'invasions normandes, ce qui ne contribua pas à son développement. Ce n'est qu'après celles-ci que la conquête du sol et le peuplement reprirent, pour se poursuivre jusqu'au XVIème siècle par la destruction persévérante des forêts.
C'est ainsi, qu'apparaît, dans l'histoire, en 1020, le nom de Foliost, (Foulleux, Foulous), puis en 1125, Ecclesia Sancti Germani de Hatenala, église de Saint Germain des Hattonailles, lieux originaires de notre commune, objets à cette époque de rivalités, de luttes intestines –que nous verrons dans un prochain châpitre – fiefs qui devaient enfin se réunir pour donner au XII ème siècle Sanctus Germanus Foliost : SAINT GERMAIN DE FOUILLOUS;
Vers la fin du VIème siècle Saint Germain fut évangelisé par les moines de l'Abbaye d'Evron. De cette époque, au moins, date l'érection de la paroisse sous le patronage du Seigneur de Fouilloux. Dès le VIIeme siècle il y aurait donc eu une seigneurie au domaine de Fouilloux.
Cette seignerie fut érigée en châtellenie par acte de Guy XVII, Comte de Laval, le 5.2.1542. Elle devint vassale de Laval sous le devoir d'une paire d'éperons dorés.
Le château était de la paroisse de Saint Jean sur Mayenne, "fors une partie du logis, suivant la limite ancienne paroisse."
Du reste, le seigneur de Fouilloux avait le titre de fondateur dans les deux paroisses, de tout temps pour Saint Germain, par acquisition en 1635 pour Saint Jean.
Il y avait en 1601, "chasteau et maison seigneurale avec autres maisons comprises au circuit et enclos d'icelle : grand jardin clos de murailles et deux vergers autour sur le bord des fossés d'icelluy chasteau". Le domaine comprenait les métairies de la Cour de Fouilloux, la Prestrise, la Robinière, Réhard avec le Moulin, la Cosnuère, Monthayer.
De 1780 à 1790, M. du Mans de Chalais fit construire un nouveau château composé d'un corps de logis flanqué de deux pavillons. La construction assez vaste était d'un style très terne ; l'ameublement et les décorations indiqués, semblaient d'un grand luxe. Le château fut pillé, le dimanche 22 septembre 1792, par une bande de brigands venue, dit-on d'Andouillé.
Il existait à Fouilloux une chapelle de fondation ancienne dédiée à Sainte Catherine. On en demandait encore la conservation en 1804. Elle a depuis disparu.
Parmi les chapelains, on trouve : Jean de Brée, 1567 – René de Quatrebarbes, fils de Guillaume de Quatrebarbes et de Jeanne de la Roussardière 1587 - Guillaume de Quatrebarbes, 1599 – Henri ou André de Montecler, étudiant à la Flèche, 1684; il démissionne et s'engage dans l'armée naval, 1690 – Guy Le Clerc, curé de Saint Tugal, 1690- 1697 – Nicolas-René de la Chapelle, 1719-1748 – François Marteau, professeur de rhétorique au collège de Laval, 1777.
SEIGNEURS DE FOUILLOUX – Parmi les seigneurs et châtelains de Fouilloux, on trouve les de Brée, les de Montecler, les de La Capelle, les du Mans, les de Monfrand et les de Cadaran. En somme, depuis le XIIème siècle, époque où l'on retrouve les noms des premiers seigneurs de Fouilloux, il n'y eut que peu de familles à posséder Fouilloux : les de Brée – de Montecler jusque vers 1668. A ce moment, les de La Chapelle achetèrent qui passa, par la ligne des femmes, aux Dumans, aux Monfrand et aux de Cadaran.
- LES DE BREE, SEIGNEURS DE FOUILLOUX –
Les de Brée, premiers seigneurs connus ont tiré leur origine et leur nom du château de Brée, paroisse de même nom, au canton de Montsûrs, lequel aurait passé à la famille des de Laval par une alliance avec les aînés de Brée. La famille de Brée fut une des plus puissantes du Maine par ses alliances et ses domaines. Les de Brée étaient seigneurs de Fouilloux, de Montchevrier (en Nuillé et Astillé) de la sénéchaussée de la Gravelle, des forêts de Frageux et de Consise…
C'était une famille d'ancienne chevalerie. Le premier de Brée, seigneur de Fouilloux dont l'histoire nous a conservé le nom, fut Gervais de Brée, mort en 1195. Il fut enterré dans le cimetière de l'abbaye de Clermont. Guy VI, sire de Laval, fonda, dans la dite abbaye, un anniversaire de 25 sols de rente pour le repos de l'âme de Gervais de Brée, son ami et son compagnon d'armes.
- Gervais eut pour fils, Robert de Brée, chevalier, seigneur de Fouilloux, cité de 1196 à 1208. Robert épousa Jeanne de La Volue, fille et unique héritière de Sylvestre de La Volue, chevalier, seigneur du dit-lieu de Montchevrier, de Nuillé sur Vicoin et Astillé. Ainsi le domaine de Fouilloux allait s'accroître par les alliances. Par la suite, il se remaria avec Emma, veuve de Guérin de Saint Berthevin.
- Gervais de Brée, deuxième du nom, fils de Robert, chevalier, seigneur de Fouilloux, Montchevrier, Nuillé et Astillé, cité de 1222 à 1243.
- Gaudin de Brée, fils du précédent, donna en 1255 les rentes de certaines vignes, nommées les Plantes, tenues de la seigneurie de Fouilloux, aux religieux de Montguyon.
- Guillaume de Brée, mari de Jeanne de Scepeaux, était en 1383 capitaine d'une compagnie de trois chevaliers et onze écuyers, au service du roi en Flandre ; il mourut en 1418
- Jean de Brée qui servait sous Guy de Laval, en 1426 et prit part, sous le commandement de Jeanne d'Arc, au siège d'Orléans, en 1429
- Guyon de Brée, mort en 1498.
- Gilles de Brée, mort en 1533
- François de Brée, mort sans enfant en 1559.
- Lancelot de Brée, oncle de François, dit M. de Fouilloux, fut son héritier du côté paternel. Gouverneur de Laval, il mourut en 1600, sans avoir été marié.
Durant cette époque toutes les terres de notre paroisse étaient assujetties au régime féodal et l'on admettait la maxime "nulle terre sans seigneur". Le Fouilloux, avant son érection en châtellenie en 1542, titre de fief de digité, n'était sans doute à l'origine qu'un fief simple et se devait de traiter d'égal à égal avec des fiefs tels que les Hatonailles, les Mollières, la Tioulière, la Ragotière, Montagué, la Motte du Creux. Chacun de fiefs était vassal, ou sujet, du Comte de Laval. "Les successions, les mariages et autres causes" firent que ces fiefs furent réunis pour être rattachés à la châtellenie de Fouilloux.
Dès le XIème siècle, l'abbaye d'Evron fonda de petites colonies, notamment à Saint Germain le Fouilloux, une charte d'Hildebert, Evêque du Mans, datée de 1125, confirme en effet, à l'abbaye d'Evron, la possession d'un prieuré sous le nom de Ecclesia Sancti Germani de Hatervalla. Ce Prieuré dépendit plus tard, de Changé. Nous ignorons sa situation – peut être à l'emplacement de l'église actuelle- et la date de sa disparition.
LES HATONAILLES
Il s'agissait d'un fief simple –immeuble à la possession duquel étaient attachés des droits et des prérogatives utiles et honorifiques sur la population d'un territoire – dont le premier Seigneur connu fut Hamelin de Hatonalia 1191 – 1209, Doyen d'Ernée.
A cette époque existait une Chapelle.
En 1471, le fief devint propriété du Seigneur de Fouilloux, Guyon de Brée.
Entre 1209 et 1471, nous n'avons aucun document sur les Hatonailles.. Durant cette période assez trouble de l'histoire Féodale, les rivalités étaient quasi-permanentes entre fiefs : "Les Seigneurs avaient le droit et la fâcheuse habitude de se faire la guerre entre eux et de requérir leurs vassaux et sujets pour leurs intérêts particuliers…" Quelques anciens de notre Commune racontent que jadis, lors des veillées, on leur parlait d'une bataille qui se serait déroulée à la Croix de l'Hommeau, sur le chemin de Quifeu, entre les vassaux du Seigneur des Hatonailles et ceux du Seigneur de Fouilloux, et que ce dernier, après l'avoir emportée, serait devenu Maître et Seigneur des Hatonailles…certains croient encore à l'existence d'un souterrain qui, partant des Hatonailles, aurait été emprunté lors de cette bataille !
LES VENTS
Au XVIème siècle, en est Seigneur, Gilles de la Chevalerie, vassal de Fouilloux. A cette époque, il est fait état de maisons anciennes et d'une Chapelle des Saibouez, située à l'entrée du village, dédiée à Notre-Dame, fondée le 14 mars 1569 par Patry Saibouez, prêtre, but de procession aux Rogations.
LES MOLLIERES
Il s'agissait d'une terre seigneurale mouvant de Fouilloux. Il existait une Chapelle fondée de deux messes par semaine, dites par règlement de 1652, le dimanche et le vendredi.
Seigneurs : Mathurin Rebuffe en 1530 – Jean Marest, sieur de la Tremblaie, en 1639 – André Marest en 1646 – René Joullain en 1671 – Robert Le Clerc et Charles Roustille en 1682 – Jacques Le Clerc, sieur de Crannes en 1743 – Ambroise-François Hardy, maréchal des logis de la maison du Roi en 1780.
La Chapelle sous le vocable de N.D. des Périls et de Toutes-Aides, but de procession aux Rogations, était en ruine en 1902.
LA FACHERIE;
Un certain Jean Roussard y demeurait en 1458 et devait fournir la souche de Noëlau, château de Fouilloux.
LA MOTTE DE CREUX
Il s'agissait d'un fief, vassal de la Seigneurie de Fouilloux, attaché au village du Creux en St Germain et s'étendant sur Andouillé, dont était Seigneur Lancelot de Brée, gouverneur de Laval en 1570
LA GUERRUERE
En 1570, il est fait état de la Guéruère du mot Guerrière. Domaine mouvant, relevant de la Motte du Creux. Le domaine fut mis en vente nationale, sur Joseph-Marie-Anne Gaultier de Saint-Cyr, le 26 messidor, an II et 16 novembre vendémiaire, an VIII.
LA PIOCHERE
On distinguait la Piochère-Chalumeau, la Piochère-Montalembert, la Piochère-Janvier. Il existait treize détenteurs en 1666; sept fermes ou closeries en 1774. En 1780, il fut créé un poste de gabelle; c'est là que Jean Cottereau, dit Jean Chouan, blessa mortellement un gabeleur.
LA RAGOTIERE-NEUVE et LA RAGOTIERE-VIEILLE
Là encore, fief mouvant de Fouilloux et des fiefs d'Entrames. En furent Seigneurs : André Manjotin en 1534 – Jacques Cornilleau, Pierre Arnoul, son neveu, "pour l'honneur de la famille", racheta le domaine et paya les dettes de son oncle en 1613 – Pierre Touchard, avocat, secrétaire du duc D'orléans, mort en 1672 – Ambroise Touchard, juge royal à Laval, 1679 – Jacquine Hennier, veuve d'Ambroise Touchard, remariée en 1717 à René de Saint-Pezran, seigneur de Kerquineau, de la paroisse de Plouzenec – François Renusson, seigneur de la Touchardière en 1727 – la métairie est vendue en 1747 par Jean-Gabriel Leveque des Valettes, à Paut Vrigne des Simonnières, de Laval.
LA SEBOURGERE
Lieu noble, donné en dot par Gilles de Farcy à sa fille Madeleine-Maire, épouse de Léonard de Vauborel, seigneur de Saint Georges en 1648.
MONTAGUE
Un certain Montahier, y fut seigneur en 1474, vassal de Fouilloux.
LA TIOULIERE
Fief et métairie, lieu de la Toulière en 1444, -Métairie de la Thiollière en 1666 – La Thioulière en 1751. Un seigneur du nom de Coeffe y fut tué en 1771.
LES TUBERTIERES
Y était propriétaire, Renée Gaultier, religieuse du Tiers-Monde de Saint-François en 1530. Le domaine devint maison de maître et four à chaux abandonné après 1876.
LA MOTTE ET LE TAILLIS DU CREUX 1444 (arrondissement de Laval) déjà dit en haut de la page ...
En sont sieurs, le Seigneur de la Merveille – 1444; Jean de Lore, fils mineur de feu Léonard de Lore et de René Montchauveau. Le Comte de Laval vendit au cours du XVIème siècle, à Gilles de Brée Seigneur de Fouilloux, ses fiefs de nom. Lancelot de Brée, gouverneur de Laval – 1570.
LES COSNUERES
La Cosnuère – Taillis. En est sieur : Jean de la Cosnuère en 1462. Julienne de la Chapelle, femme de rené Le Pannetier, sieur du Moulin-neuf, en 1726. Acquise sur Pierre Le Nicolais, par Charles Etienne Daen de Casquer, ancien chef de bataillon et vendue par Jeanne Louise Michot la veuve, en 1830, à Jean Olivier Couchier, de Laval et à Renée Souge, sa femme.
LA GILOUARDIERE
Y demeurait Etienne Lelièvre, notaire en 1569.
LA MARPAUDIERE
Village et Hôtellerie sur la route de Laval à Ernée.
LES POIRIERS
Ferme et maison de maître, vendue bien national le 8 janvier 1791 pour 18750 écus.
LA GRANDE ET LA PETITE RUE
Ferme et maison de maître. On y entretenait une tombe, de temps immémorial, depuis 400 ans disaient les fermiers en 1900, et le "manquement" occasionnait toujours des accidents ou maladies. En furent sieurs : Jean de Lore, seigneur de Joué (1530 – 1535), François de la Bordelette (1712 – 1725). Mise en vente bien national sur Ambroise Marie Rose SOUGE, le 23 florial an VI.
BOIS DE BRUNARD
S'étend sur la commune de St Jean sur Mayenne et de Saint Germain le Fouilloux. Il revêt le versant sud d'une profonde vallée, le long de la rive droite du ruisseau de Brunard, sur une longueur de 1500 m et 400 m de largeur.
Le 7 fructidor An III, un convoi de vivres accompagné par un détachement que commandait le Sous Lieutenant Janson, y fut attaqué par les Chouans. Le convoi fut enlevé, le commandant, 2 volontaires et 12 gradés tués.
LE HAUT HOUX
L'étang et le moulin du Bas Houx ont été supprimés vers 1810
LA MARE
Acquise par le Seigneur de Fouilloux, pour la dotation du collège de Saint Jean sur Mayenne. Vendue bien national le 16 mars 1793 pour 2196 écus.
LES BELLANGERIES
Le seigneur de la grande maison de la Basse Bellangerie présentait à La Chapelle de St Nom de Jésus, à la Trinité de Laval
LA BOULAIE
Y naît un ruisseau du même nom, affluent de celui d'Ingrandes : longueur 970 m
LE TERTRE
Ferme et maison de maître. François Helbert (1770 – 1774)
LA TREGONNERIE ou TRIGONNIERE
Vendue bien national le 18 janvier 1791 sur un chapitre St Michel de Laval, pour 9809 écus.
LE CLERGE DE SAINT GERMAIN SOUS LA REVOLUTION
Le 27 avril 1791, à l'age de 82 ans, mourait au presbytère de St Germain un "bon curé, zélé, tenant bien son église". Ce sont les notes de l'Evêché du Mans.
Il s'appelait PierrePrimault. Il avait 48 années durant, administré la Paroisse de St Germain. Nommé en 1736, en qualité de Vicaire de son oncle Jean Rondeau ( mort en 1737), il commença à bâtir de ses deniers, le Presbytère de St Germain le Fouilloux – actuellement la Mairie – pour lui et ses successeurs. Il eût été surpris qu'un jour ses successeurs auraient à verser une redevance annuelle pour l'habiter. Il vécut assez pour voir les premières années de la Révolution. Il mourut à la fin d'avril 1791.
Quatre mois plus tard, il eût été chassé lui-même de son église et de son Presbytère. En effet un curé constitutionnel, curé intrus, de St Jean sur Mayenne, arrivait à St Germain le 2 septembre 1791. Fatigués, se sentant vieillir, Pierre Primault avait démissionné en novembre 1785.
Il y avait à St Ouen des Toits un curé qui était son ami. M. Primault obtint qu'il vint le remplacer. M. Morin fut installé à St Germain le 20 janvier 1785.
Nous sommes en 1788. Sous le même toit vivaient avec M. Primault, Marin Morin, curé de St Germain, et un vicaire, Pierre Hubert, né en 1745. Bientôt les événements se précipitèrent.
Le 14 juillet 1789, prise de la Bastille. Le 4 août : abolition de la féodalité. Le 4 novembre de la même année, un décret de l'Assemblée Nationale mettait tous les biens ecclésiastiques à la disposition de la Nation. Au mois de février 1790, on supprime les Ordres religieux, puis au plus tôt, on dresse des états de tous les biens du Clergé et des inventaires des biens et mobilier des Communautés, des chapitres et des églises. Le 12 juillet 1790, on vote la Constitution Civile du Clergé. Enfin, après la Loi du 5 novembre 1790, on commence à vendre les biens de l'église.
C'est ainsi qu'à la fin de l'année 1790, le presbytère passa aux mains de la famille Chesne de la Piochère.
Le 27 novembre 1790, l'Assemblée Constituante décréta que tous les Evêques et Curés étaient tenus de prêter le serment à la Constitution civile du Clergé dans le délai d'un mois, sous peine d'être réputés démissionnaires et remplacés comme tels.
Les administrateurs du Département de la Mayenne adressèrent bientôt aux Curés et Vicaires des paroisses, l'ordre de se conformer à la Loi. C'était dans le mois de janvier 1791.
M. Primault n'étant plus dans le ministère actif, n'était pas obligé de prêter serment. Par contre, M. Morin et son vicaire M. Hubert, devaient selon la Loi, faire le serment en chaire un dimanche au moment de la Grand Messe et tenus de prévenir d'avance la Municipalité du jour où ils se conformeraient à cette disposition afin que le Maire et les Officiers Municipaux fussent présents et dressassent procès-verbal.
St Germain avait alors pour Maire, Joseph Millaut. Rien ne nous apprend qu'il ait pressé le Clergé de se déclarer en cette affaire. La famille Millaut au contraire, était fort dévouée à ses prêtres, comme l'atteste la donation en jouissance des prairies au Presbytère (donation Millaut-Boislouveau par acte du 7 août 1832)
Mais il y avait à St Germain un clan de chauds partisans des réformés. Etait-ce pour les faire taire ? Toujours est-il que le curé et le Vicaire crurent en conscience pouvoir prêter serment, mais avec une restriction. Un extrait du registre de la Municipalité de St Germain, dont copie avait été envoyée aux autorités du district de Laval, a été rédigé en ces termes par Jean Fournier, secrétaire-greffier :
"Nous Officiers Municipaux de Saint Germain le Fouilloux, au district de LAVAL, en conséquence de la LOY relative au serment à prêter par les fonctionnaires publics, après en avoir rempli les formalités par publication et affiché en date du 23 du présent mois de janvier 1791, sur la réquisition à Nous faite par Maître Marin MORIN, Curé de notre paroisse, et par Maître Pierre HUBERT, son viquère; Nous sommes transportés à l'issue de la Grande Maisse, de ce jour dans la nef de église, en présence du Conseil Général de la Commune et des fidèles.
Au milieu de Nous s'est présenté Monsieur Notre Curé, qui a prononcé à haute et intelligible voix le serment suivant :
"Je Jure de veiller avec soin sur les fidèles, dont la conduite m'a été ou me sera confiée par l'Eglise, d'être fidèle à la Nation, à la Loy et au Roy, et de maintenir de tout mon pouvoir, en tout ce qui est de l'ordre politique, la Constitution décrétée par l'Assemblée Nationale et acceptée par le Roy, exceptant formellement les objets qui dépendent essentiellement de l'autorité spirituelle".
Signé : MORIN, curé de St Germain (orthographe du secrétaire-greffier, auteur)
Immédiatement après, monsieur HUBERT, notre vicaire, a prononcé à haute et intelligible voix le serment suivant : "Je Jure de veiller avec soin sur les fidèles dont la conduite m'a été ou me sera confiée par l'église, d'être fidèle à la nation, à la LOY et au ROY et de maintenir de tout mon pouvoir la Constitution décrétée par l'Assemblée Nationale et acceptée par le Roy, en tout ce qui n'est pas, et ne sera pas contraire au dogme, à la morale ou à la discipline de l'Eglise catholique, apostolique et romaine dans le sein de laquelle je veux vivre et mourir".
Signé : HUBERT
Chaque serment est clos par la signature de celui qui l'a prêté.
Fait et arrêté le trente janvier mil sept cent quatre vingt onze.
Et ont signé : Joseph Millaut, maire, François Trochon, Julien Dubois, Joseph Clavreuil, René Geslot, procureurs de la Commune et Jean Fournier, greffier.
Pour copie (signé) : Joseph Millaut, Maire, J. Clavreuil, Jean Chesne, procureur, A. Bessière, R. Geslot, J. Dubois, Jean Fournier, greffier."
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Au fil des siècles, le village s'est appelé "Sanctus Germanus Foliost" au 13ème siècle, puis "Saint Germain le Fouilleux" en 1433. Il a emprunté son nom à Saint Germain, Evêque de Paris, la particule "Le Fouilloux" ayant une origine plus ancienne puisqu'en 1020, nous trouvons "Foliost".
L'église a conservé des architectures romanes. Le clocher actuel remplace un "PINACLE" mentionné en 1582. Les chapelles du côté Nord sont les plus anciennes, l'une conserve deux petites fenêtres romanes. L'inscription suivante se rapporte à la plus petite de celles du MIDI : "Cette chapelle a été construite en 1788 par la libéralité et les soins de Messire Michel-René-François DUMANS, Chevallier, et Dame Marguerite-Louise DE LA CHAPELLE et DE FOUILLOUX, son épouse, SEIGNEUR et DAME de cette PAROISSE, et Maître Pierre PRIMAULT, ancien CURE et MARIN son successeur". La plus grande des Chapelles qui donne sur le CHŒUR fut faites en 1840. La Chapelle des FONTS porte la date de 1760. Un écusson à la Croix cantonnée de 4 COQUILLES est répété deux fois sur les tirants.
FONDATIONS ANCIENNES : La Chapelle DES SAIBOUEZ, de deux messes par semaine, desservies à l'autel NOTRE-DAME, fondée le 14.03.1569 par Patry SAIBOUEZ, prêtre.
La chapelle de La QUENTINNIERE, à desservir à volonté dans les Eglises de SAINT JEAN SUR MAYENNE et de SAINT GERMAIN, fut fondée le 03.021614 par Michel BOULAIS qui léguait en même temps une somme de 60 écus pour chacune des sept jeunes filles pauvres de ST JEAN et de LAVAL, le jour de leur mariage.
La FACHERIE qui eut pour titulaire en 1764, Michel BUAT DE PLACE.
LE PRESBYTERE : actuellement MAIRIE, fut bâti, de ses deniers, pour lui et ses successeurs, par Maître PRIMAULT, curé de SAINT GERMAIN de 1736 à 1791; l'immeuble fut achevé en 1740. En 1905, lors de réparations, on releva de la toiture quatre ardoises. Ces quatre belles pièces, vieux et précieux témoins de l'histoire locale, mesurent 0,24 m sur 0,32 m. Les deux premières portent, gravé, un CALICE, la troisième, DEUX CŒURS. Elles reproduisaient les inscriptions suivantes, en gardant l'orthographe que l'ouvrier y a mise :
La 1ère : "J'ay étay placée par Pierre PRIMOST, curé de la Paroisse SAINT-GERMAIN DE-FOUIILOUX – l'An 1740"
La 2ème : "J'ay été placée par JOISIN LE BALLEUR, vicaire de la Paroisse SAINT-GERMAIN-LE-FOUILLOUX – l'An 1740".
La 3ème : "J'ay été placée par DEMOISELLE ANNE GUITET, cousine de M. le Curé de SAINT-GERMAIN – l'An 1740".
La 4ème : "J'ay été placée par M. LOUIS DE LA CHAPELLE, Seigneur de la Paroisse et par LOUISE DE CHANT, son épouse – l'An 1740".
C'est un exemple peut-être unique dans le pays de LAVAL d'un usage "DES PREMIERES ARDOISES".
Le 4 Novembre 1789, un décret de l'Assemblée Nationale mettait tous les biens ecclésiastiques à la disposition de la Nation. C'est ainsi qu'à la fin de l'année 1790, l'immeuble passa aux mains de la famille CHESNE DE LA PIOCHERE; Jean CHESNE était Procureur de la Commune. Après compromis et entente avec Maître PRIMAULT.
Après la Révolution, Le Presbytère sera remis à la COMMUNE aux conditions stipulées par le CONCORDAT de 1801, c'est-à-dire pour être affecté gratuitement au logement des Curés successeurs de SAINT GERMAIN.
LE CIMETIERE : Contigu à l'Eglise, dont on demande la conservation en l'an XII, fut transféré en 1883 sur la route d'Andouillé.
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ECOLES "Il y a un Maître et une Maîtresse d'Ecole en 1778 et la Paroisse est instruite"
Ecole laïque pour les garçons; école dirigée depuis 1834 par les Sœurs d'Evron, laïcisée en 1894 et rouverte libre l'année suivante, puis fermée par circulaire ministérielle du 8 juillet 1902. Ecole de HAMEAU MIXTE tenue par une institutrice laïque à LA MARPAUDIERE.
Les principales industries sont celles du tissage et de la fabrication de la chaux.
u LA CHAUX
La fabrication de la chaux n'emploie plus en 1900 qu'une vingtaine d'ouvriers soit la moitié de celle qu'elle employait en 1880.
Les premiers fours ont été construits en 1833. Ce sont les 3 fours de la THUBERTIERE. Ils ont été abandonnés en 1870 lorsque, arrivée à une profondeur de 15 m, la carrière où l'on extrayait la matière première (le carbonate de chaux ou vulgairement la pierre à chaux) a été envahie par les eaux de la Moyette. Cette carrière est actuellement complètement remplie, et les carpes et les brochets s'ébattent là ou autrefois grondait la poudre.
Six autres fours avaient été construits entre-temps à la BOULLETERIE et à la ROUSSIERE. Ceux de la BOULLETERIE furent détruits en 1880 et seuls subsistèrent les 4 fours de la ROUSSIERE qui continuèrent de fonctionner jusqu'en 1910, occupant alors 28 ouvriers.
En 1900, les fours de la ROUSSIERE ne fonctionnaient pas seuls; 2 seulement étaient en activité et un troisième n'était allumé que temporairement, lorsque les circonstances l'exigeaient.
Les fours étaient chauffés à l'anthracite acheminé des mines de St Pierre la Cour. La chaux que l'on y obtenait n'était pas des meilleures pour la construction, mais, comme amendement, les cultivateurs la préféraient à celle de Changé ou de Louverné. A la Roussière, la carrière
A ciel ouvert, d'où l'on extrayait la pierre, s'étendait alors sur une surface de 5 000 m2 et à une profondeur de 15 mètres . Sa production annuelle était en 1880 de 1500 pipes de 4 hl de chaux soit 60 000 hl (en 1836 la Mayenne possédait 155 fours produisant environ 800 000 hl. En 1853 240 fours produisant 3 000 000 hl). En 1900, la production n'était plus que de 5 000 pipes de 4 hl.
Mélangée à un compost de débris de haies et de curage des fossés, ou encore à du fumier, la chaux transforma l'agriculture de St Germain (avec une superficie chaulée de 140 000 ha, la Mayenne était, de loin, le premier utilisateur de ce nouvel amendement).
Mais, de par son utilisation abusive, les rendements baillèrent après quelques années, et le dicton local se répandit " La chaux enrichit le père et ruine les enfants ". Son usage, peu à peu diminua pour disparaître lors de l'arrivée des premiers engrais chimiques.
v LE TISSAGE
Dès le XVème siècle, avec son apogée au XVIIème et au XVIIIème siècle, l'industrie principale est celle des toiles. Laval en est le grand centre de fabrication. C'était véritablement une industrie rurale et elle profitait à tous les habitants d'un village.
On semait le lin dans un "clos" spécial, voisin de l'habitation, ou encore dans les sols qui lui convenaient le mieux, les prairies, les champs …( la culture du lin occupait 350 ha dans l'arrondissement de Laval). Après des sarclages répétés on arrachait les bottes du 15 juin au 15 juillet, en octobre ou novembre avait lieu le rouissage sur le pré, puis le lin était séché au grenier, enfin on le passait à la braie pour le transformer en filasse.
Ensuite commençait le travail industriel. Les filassiers passaient les filasses au séran, puis le lin revenait à la ferme, les fileuses restaient alors assises du matin au soir près de leur rouet à manivelle, mouillant les filasses de leur salive.
Le fil était ensuite porté au tisserand. Il y avait les tisserands d'occasion, ceux qui dans les fermes filaient les toiles nécessaires aux usages domestiques, les tisserands de profession installés tels à St Germain, dans le bourg.
On reconnaît encore à St Germain les maisons des tisserands : elles se composaient d'une ou deux pièces, auxquelles on accédait par un escalier ou un perron en pierre, au dessous était la "cave à ouvrouer", sombre et humide, à demi enfouie dans le sol, éclairée par d'étroites ouvertures, où l'on descendait par une trappe au moyen d'une échelle.
Les toiles étaient apportées par les tisserands de St Germain sur le marché de Laval. Dans les années 1710, les toiles étaient vendues à une croisée des rues dites " Carrefour aux toiles" au pied d'une des grosses tour d'enceinte, la Tour rennaise. En 1732 une halle aux toiles fut construite à Laval.
Les toiles étaient alors visitées et aunées, puis reconnues conformes, elles étaient vendues aux négociants. Ceux- ci les envoyaient "sur le pré" pour les faire blanchir; les blanchisseries ou lavanderies se trouvaient aux environs de Laval ( 16 en 1789 à la Masure, à Forcé, sur la rivière de la Jouanne).
Enfin les toiles, calandrées, pliées et enveloppées étaient prête pour la vente ( colonies d'Amérique, espagnols …).
Nul doute qu'à St Germain l'industrie de la toile était florissante. On ne savait guère alors ce qu'est amender un sol; il y avait, encore au début du XIXème siècle, 40 à 50 ha de terres froides ( landes couvertes de genêts et d'ajoncs) pour 10 de terres chaudes ( terres cultivées). Le paysan tirait de sa terre ce qu'il lui fallait. Sa nourriture lui était fournie par ses grains, ses légumes et le porc qu'il engraissait, il tirait sa boisson des pommes, son linge était fait avec le lin récolté dans le clos, filé par les femmes à la maison, tissé par le tisserand du bourg.
Le paysan ne désirait guère et, quand il le désirait, il ne le pouvait presque jamais, défricher ses landes. L'industrie rurale du lin l'absorbait et il en tirait profit : le capital passait du négociant au fabricant, du fabricant à la classe nombreuse des tisserands, des fileuses, des poupeliers, des laniers, des rouetiers, des cultivateurs qui faisaient croître le lin; cette rapide circulation répandait l'aisance dans plus de 6 000 ménages autour de Laval. Chaque jour de marché à St Germain était un jour de recette L'argent était partout abondant et toujours à la main de tout ménage qui avait ou filasse à vendre ou fil œuvré ou toile confectionnée. Les fermiers payaient leur ferme avec le fil de leurs femmes et de leurs enfants.
La ruine de l'industrie linière au début du XIXème siècle ( concurrence étrangère, guerre …) prépara la révolution agricole du XIXème siècle, développement de la surface cultivable par le chaulage considéré comme un panacée. Le paysan, privé de sa principale ressource, le lin, ne garde plus que la seule agriculture comme principale et unique occupation ( 1811 préfet de la Mayenne : " par là, la ruine de l'industrie linière a préparé la révolution agricole du XIXème siècle par la transformation du sol par le chaulage : augmentation des rendements, des produits , de lutioux (page 20)
On ne peut délier ces deux industries, celles du tissage et de la fabrication de la chaux, qui ont fait aux siècles derniers la prospérité de St Germain. 78 tisserands exerçaient encore dans notre village au début du XIXème siècle cette industrie rurale née de la misère de l'agriculture, contribua ainsi à la perpétuer.
En 1902, Saint Germain comptait 835 habitants ( 417 hommes et 418 femmes ) dont 182 en agglomération et 653 dans les fermes. En 1852 la population était de 1250 habitants. Cette diminution importante en un demi siècle s'explique par la chute des fours à chaux. Le chômage des tisserands aidant, la population tomba encore d'année en année.
La vie de notre commune telle que décrite par Monsieur DALIGAULT, instituteur, mérite que l'on s'y attarde dans la mesure où elle n'avait quasiment pas évoluée depuis le XVIIIème siècle.
Il y avait alors à Saint Germain 62 propriétaires cultivateurs, 185 cultivateurs fermiers, 65 domestiques de ferme, 20 journaliers, 78 tisserands, 22 cariers, 18 débitants de boisson, 5 ouvriers charrons tonneliers, 4 charpentiers, 4 cordonniers, 5 forgerons, 2 roulliers, 2 boulangers, 1 charcutier, 2 coquetiers, 3 cantonniers, 4 couturières, 2 lingères, 14 rentiers, 10 domestiques.
La moyenne des naissances, mariages et décès est respectivement de 15, 6 et 15, les naissances souvent égales ou inférieures aux décès mais les surpassant rarement. Quant à la durée moyenne de vie, elle était évaluée à 38 ans.
AGRICULTURE – Il y a peu de terrains incultes. La statistique décennale (1892) en compte 6 hectares dont 3 hectares de landes et bruyères et 3 hectares de terrains marécageux. En 1902, les défrichements et les drainages ont rendu à la culture 2 hectares environ de ces terrains, si bien qu'il ne reste plus guère que 4 hectares de terres absolument incultes.
La superficie cultivée du territoire agricole s'établissait comme suit :
- terres labourables cultures alimentaires : 800 ha
prairies artificielles : 145 ha
-prairies naturelles 430 ha
-vergers 12 ha
- jardins 10 ha
-bois et forêts 92 ha
la superficie totale du territoire agricole 1493 ha
La superficie des cultures destinées à l'alimentation était de beaucoup la plus importante. On peut la départager comme suit :
- froment 350 ha
- orge 210 ha
- avoine 200 ha
- sarrasin 15 ha
- pommes de terre 25 ha
La principale culture est celle du froment. Malheureusement, les cultivateurs, guidés par la routine, n'obtiennent pas de leurs terres des rendements proportionnels au mal qu'ils se donnent. Un progrès sensible s'est cependant accompli depuis quelques années. C'est ainsi que l'emploi des engrais chimiques commence à se généraliser et que l'emploi irraisonné de la chaux, s'il n'a pas été complètement abandonné, ce qui eut d'ailleurs été un tort vu la nature argileuse du sol, est cependant appliqué avec plus de discernement.
L'outillage aussi s'est perfectionné : la charrue brabant, dont l'apparition du premier spécimen ( à la ferme de la Guerruère, exploitée par Mr Joseph RABOURG ) ne pas de plus de 20 ans, se rencontre dans les bonnes fermes. Les semoirs qui donnent des emblavures plus régulières, facilitant les sarclages et qui permettent une grande économie de semences sont maintenant plus communs.
Quant aux batteuses mécaniques, ce sont toutes des machines à chevaux; ces dernières sont reconnues plus pratiques que les premières machine à vapeur vu la faible étendue chimiques pour que les rendements qui sont de 10 à 12 hectolitres à l'hectare pour le blé, 15 hectolitres pour l'avoine et hectolitres pour l'orge passent aux rendements respectifs et possibles de 18 et même 20 hl pour le blé, 25 pour l'avoine et 30 pour l'orge.
Les prairies naturelles et artificielles occupent une bonne partie (575 ha) de la superficie agricole. St Germain, en effet, est un pays d'élevage. On y produit le cheval ou le bœuf destinés à aller peupler les riches pâturages de la Normandie car les animaux y sont vendus jeunes et les productions de du bœuf à l'engrais ne se font que dans les grandes fermes.
La race chevaline ne comprend que le cheval de trait léger. Elle laisse à désirer car l'on ne tient pas assez compte des qualités et des défauts héréditaires que les animaux reproducteurs peuvent transmettre et transmettent presque toujours à leurs produits. Une sélection judicieuse améliorerait la race des chevaux de la région.
Cette sélection a été obtenue pour les espèces bovine et porcine. La principale race de bœufs élevés dans la commune est un croisement des races Mancelle et Durham qui donne de très beaux sujets. Dans l'espèce porcine, la race pure du Craonnais tend à remplacer ce porc commun répandu jusqu'alors dans toutes les fermes et que l'on ne peut rattacher à aucune race.
Pour ce qui est des moutons de race très commune, il n'y a pas à en louer leurs propriétaires …
Enfin, pour en terminer avec les animaux de la ferme, disons que les volailles ne sont pas non plus des modèles du genre. La sélection est absolument nulle aussi ne voit-on, à quelques rares exceptions près, que des sujets très médiocres partout.
Quant à l'apiculture, cette source de profits qui vient pour ainsi dire en dormant, elle est presque totalement délaissée. On y compte à grand'peine une cinquantaine de ruches produisant en moyenne 2 à 3 kilogrammes de miel valant 1 à 1,20 Francs (0,15 à 0,18 €) le kg et 1 kg de cire d'une valeur de 1,50 F (0,23 € )le kg.
Population animale :
Tous lieux que nous avons évoqué ont une histoire. Pour beaucoup, et ceux que nous n'avons pas cités, elle remonte au XVIeme siècle, et sans aucun doute pour beaucoup, leur origine est plus ancienne encore.
Si certains d'entre vous possèdent par devers eux des documents : actes notariés, livres anciens, photocopies, images, pierres, sculptures et même pièces insolites, nous vous remercions de bien vouloir en toute discrétion nous en faire part afin que nous puissions simplement les consulter.